Anthropic veut entraîner son IA sur la voix des utilisateurs

Anthropic veut entraîner son IA sur la voix des utilisateurs

Anthropic a commencé à demander aux utilisateurs de Claude s'il peut utiliser leurs conversations vocales pour entraîner et améliorer ses modèles d'IA. La demande est facultative, et le réglage correspondant est désactivé par défaut.

Le message s'affiche lorsque les utilisateurs se servent des fonctions vocales de Claude. Il demande clairement l'autorisation d'utiliser les enregistrements audio et les données des échanges vocaux pour entraîner les modèles.

"Autorisez-nous à utiliser vos données vocales pour améliorer nos modèles d'IA", indique le message. Il précise ensuite : "Les enregistrements audio et les données des échanges vocaux permettent d'améliorer la façon dont les modèles d'IA d'Anthropic comprennent la parole et y répondent. Vous pouvez désactiver cette option ou supprimer ces données à tout moment dans les paramètres."

Les utilisateurs ont deux choix : Autoriser ou Pas maintenant. Aucun n'est imposé, et la décision peut être modifiée plus tard.

Un interrupteur à part dans les paramètres de confidentialité

L'entraînement sur la voix ne dépend pas de l'option existante qui régit l'entraînement sur les discussions classiques et les sessions de programmation. Anthropic a ajouté un réglage dédié dans Paramètres > Confidentialité, intitulé "Autorisez-nous à utiliser vos données vocales".

La description de ce réglage indique : "Pour les sessions approuvées, autoriser l'utilisation de vos enregistrements audio et des données de vos échanges vocaux pour améliorer les modèles d'IA d'Anthropic."

Comme les deux réglages sont indépendants, les utilisateurs peuvent les combiner à leur guise. Quelqu'un peut laisser Anthropic s'entraîner sur ses conversations orales tout en tenant ses discussions écrites et ses sessions Claude Code à l'écart des données d'entraînement. Un autre peut faire l'inverse : partager ses discussions et ses sessions de programmation, mais garder ses enregistrements vocaux pour lui.

Dans la version de l'interface observée jusqu'ici, le réglage vocal est désactivé par défaut. Anthropic n'inscrit donc pas discrètement les utilisateurs. L'entraînement sur les données vocales n'a lieu que si l'utilisateur donne activement son accord, soit via la fenêtre qui s'affiche, soit en activant l'option dans les paramètres.

Désactiver l'option et supprimer les données

L'entreprise affirme que les utilisateurs peuvent désactiver l'option à tout moment. Elle indique aussi que les données vocales peuvent être supprimées depuis le menu des paramètres si quelqu'un change d'avis après avoir accepté.

Le message lui-même le rappelle, en précisant aux utilisateurs qu'ils peuvent "désactiver cette option ou supprimer ces données à tout moment dans les paramètres". La mention "pour les sessions approuvées" dans la description du réglage laisse penser que le consentement s'applique aux sessions où l'option est activée, et non aux échanges vocaux enregistrés avant l'accord de l'utilisateur. La source ne détaille pas davantage le fonctionnement concret.

Anthropic n'a pas donné plus de précisions sur la durée de conservation des enregistrements vocaux ni sur la manière dont ils sont traités une fois que l'utilisateur a autorisé l'entraînement.

Pourquoi cette séparation compte

Séparer la voix du texte donne aux utilisateurs un contrôle plus fin sur ce qui leur échappe. Les enregistrements vocaux sont des données d'une autre nature que les messages tapés au clavier. Un enregistrement capte le son de la voix d'une personne en plus de ce qu'elle dit, et une conversation orale peut aussi capter les bruits de fond et d'autres personnes à proximité.

Pour les utilisateurs qui autorisent déjà l'entraînement sur leurs discussions, la nouvelle option implique de prendre une deuxième décision, distincte, pour l'audio. Pour ceux qui ont refusé l'entraînement sur leurs discussions, rien ne change pour leurs données vocales, sauf s'ils choisissent de l'autoriser.

Notre analyse

Le réglage désactivé par défaut et l'option séparée sont les éléments les plus importants ici. De nombreux services d'IA ont été critiqués pour avoir noyé le consentement à l'entraînement dans un seul interrupteur très large. Un réglage dédié à l'audio laisse penser qu'Anthropic considère la voix comme plus sensible que le texte et veut un consentement spécifique.

Cette décision s'inscrit dans une tendance plus large : les fournisseurs d'IA cherchent davantage de données d'entraînement tout en faisant l'objet d'une surveillance accrue des régulateurs. Anthropic et OpenAI sont déjà visés par une enquête de la FTC sur les risques pour les consommateurs, et la façon dont les entreprises collectent et utilisent les données personnelles devrait faire partie des discussions. Anthropic a aussi récemment élargi la circulation des données de Claude vers les outils d'entreprise avec son API de conformité, ce qui montre le nombre de chemins que peuvent désormais emprunter les contenus des utilisateurs.

Les lecteurs qui utilisent les fonctions vocales de Claude ont intérêt à vérifier leurs paramètres de confidentialité plutôt que de se fier uniquement à la fenêtre qui s'affiche. Reste à voir si l'option restera désactivée par défaut dans la durée, si Anthropic publiera des informations sur la conservation de l'audio et si d'autres fournisseurs d'IA suivront avec des réglages de consentement distincts pour les données vocales.